01. Présentation

01. Présentation
« leb' die sekunde
hier und jetzt – half sie fest
leb' die sekunde
hier une jetzt – half sie fest
sonst ist sie weg – sonst ist sie weg »





Bienvenue.

Cette histoire me tient particulièremet à coeur, par le thème qu'elle aborde.
J'espère qu'elle vous plaira également.


Les pubs sont .... tolérées .... de façon TRES modérée ....
Je demande juste de prendre un minimum connaissance de mon histoire auparavant.


Les commentaires sont appréciés, mais je n'oblige personne.
J'ai déjà des lectrices qui en mettent, et je les en remercie.
=)


A ... bientôt ?





Présentation le 11.11.07
Chapitre Premier le 12.11.07
Chapitre II le 19.11.07
Chapitre III le 27.11.07
Chapitre IV le 01.12.07
Victimisachionneuh le 03.12.07
Chapitre V le 14.12.07
Petit rien le 19.12.07
Chapitre VI le 31.12.07
Chapitre VII le 14.01.08
Chapitre VIII le 23.01.08
Chapitre IX le 01.02.08
Chapitre X le 23.03.08
Chapitre XI le 08.07.08
Chapitre XII le 25.09.08


Je suis notée sur Repert-fiction, et j'aimerais vos avis, savoir ce que vous pensez, VOUS, sincèrement ..... J'accepte très volontiers les critiques négatives, et même j'espère en avoir !!!!
Alors ..... allez ici --> #


# Posté le dimanche 11 novembre 2007 14:48

Modifié le jeudi 25 septembre 2008 08:56

02. Chapitre Premier

Imaginez un couloir blanc, avec juste un petit rebord sur le mur pour pouvoir se retenir en cas de besoin.
Imaginez une obscurité à peine éclairée par de petites lanternes fixées ici et là à intervalles réguliers sur les murs.
Imaginez une fenêtre au bout du couloir, qui ne peut être ouverte de plus de quelques centimètres, conformément à la norme, qui vous montre au dehors l'aube naissante à travers le maigre feuillage de quelques arbres.

Imaginez une porte d'un vert pastel, et une poignée aux bords arrondis, pour ne pas se blesser.
Imaginez un silence à peine perturbé par le murmure sourd des voix indistinctes de personnes parlant dans un bureau à quelques mètres de là.
La porte de cette salle s'ouvrit, laissant passer deux rires discrets, le bruit d'une tasse qu'on repose sans trop de délicatesse sur une table, mais surtout une silhouette dans l'embrasure de la porte.

Elle avait de longs cheveux roux retenus en un chignon relâché, de doux yeux verts, des doigts fins et habiles. Son visage affichait en permanence un air doux, et ses lèvres rosées s'étiraient souvent en un sourire attendrissant. Elle avait des pommettes hautes, et un cou gracieux.
Elle s'appelait Maylis, était interne, et se trouvait sur son lieu de travail.

Ses sabots blancs touchèrent doucement le sol, ses pas étaient discrets et légers. Elle se dirigea vers une porte d'un vert pastel.
Oui mais laquelle ? Car dans cet hôpital, toutes les portes se ressemblaient. Seuls les numéros qu'elles affichaient les différenciaient.

Maylis continua sa progression le long du couloir, et s'arrêta finalement devant la porte qui portait le numéro 257.
Elle entra sans frapper, discrètement, et ses yeux brillèrent doucement ... de joie ?

Une douce lumière, due à l'aube naissante, baignait dans la chambre. Elle donnait ainsi une autre dimension à la pièce et à son pauvre ameublement.
On distinguait une penderie légèrement ouverte qui laissait voir un peignoir et deux vestes, ainsi que deux paires de chaussures. Une table de chevet ornée d'un téléphone se trouvait à deux mètres de distance de la penderie, sur laquelle les rayons de lumière venaient mourir. Apposées contre le mur, deux chaises-fauteuils dont une était couverte de journaux et de magazine, tandis que l'autre accueillait un stylo et un bloc de feuilles. Toutes deux étaient tournées légèrement l'une en face de l'autre, regardant le lit appuyé contre le mur opposé.
Le lit dans lequel dormait une jeune fille, une main sous son oreiller, l'autre pendant dans le vide à côté du matelas.

Maylis s'approcha doucement du lit, et l'air doux de son visage s'accentua, ses yeux se remplirent d'amour, et sa main s'approcha avec tendresse du visage de la jeune endormie.
Seules ces lèvres trahissaient un tout autre sentiment. Un sourire triste et douloureux contrastait en effet avec le reste de son visage.
Elle effleura du bout de ses doigts le visage de celle qui reposait devant elle, et resta ainsi cinq minutes à redessiner le contour de sa tête.
Enfin, elle se décida à secouer les maigres épaules de la jeune fille, afin de la sortir de ses rêves, probablement beaucoup plus agréables que sa réalité.


Maylis - Katya ... Katya, réveille toi ma belle ...
Katya - Mmm ... ?


Katya se retourna doucement sur le côté, afin de faire face à son réveil.


Katya - Maylis ? C'est toi ?
Maylis - Oui, c'est moi Kat'. Comment vas-tu ?
Katya - Je ... fatiguée. Mais, tu ne devais pas être en congé jusque demain ?


Un sourire, un vrai sourire cette fois-ci, éclaira le visage de la jeune rousse, lorsqu'elle constata qu'à peine réveillée, Katya se souciait déjà de celle qui était si vite devenue son amie.
Elle n'avait jamais changé, malgré sa douleur, malgré sa vie difficile. Elle était toujours restée la même jeune fille soucieuse du bonheur des autres, la même jeune fille avec ses yeux noisettes aux éclats marrons, son petit nez rond, et sa bouche qui souriait si souvent. La même jeune fille qui riait régulièrement, malgré les occasions qui s'étaient faites beaucoup plus rares depuis ... depuis combien de temps maintenant ? Cela paraissait si vieux, si lointain.
Maylis n'aimait pas repenser au passé, à ce passé qu'elle aurait dû vivre de façon plus intense, à ce passé regretté.


Katya - Maylis ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
Maylis - Mmh ? Oh ... rien, excuse moi.


Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas prêté attention à Katya qui s'était redressée dans son lit, et qui sortait maintenant doucement ses jambes hors du lit. Ses maigres jambes blanchâtres.


Maylis - Attends, je vais te chercher ton peignoir.
Katya - Non, c'est bon. Laisse moi faire STP.


Leurs regards se croisèrent enfin. Les yeux de Maylis traduisaient une certaine gêne, accompagnée d'un soupçon de tristesse et d'un brin d'inquiétude. Ceux de Katya étaient indéchiffrables, mais son visage et sa mâchoire serrée montraient ... quoi donc ? De la détermination ? Ou bien de la douleur ? De la colère ?

Maylis s' écarta de quelques centimètres, et Katya repoussa ses couvertures, laissant apparaître à la lumière une chemise bleutée, légèrement ouverte sur le dessus, de laquelle sortaient des membres d'une finesse extrême, blancs comme le lait, qui semblaient pouvoir se casser au moindre choc.

Puis elle s'appuya sur ses mains, les doigts repliés agrippant le matelas, et elle laissa tomber ses pieds sur le sol.
Elle frissonna légèrement face à la fraîcheur de sa chambre, et se dirigea lentement jusqu'à la penderie, puis attrapa son peignoir et se pelotonna dedans, sans prendre la peine de glisser ses bras dans les manches. Puis elle se dirigea à pas lents en direction d'une autre porte, adjacente à celle par laquelle Maylis était entrée.
Celle-ci la suivit, et elles entrèrent ensemble dans la salle de bain.

Katya resta appuyée quelques secondes contre le chambranle de la porte, regardant face à elle leurs deux visages qui se reflétaient dans le miroir. Maylis se rapprocha d'elle, et lui serra doucement l'épaule.


Maylis - Joyeux anniversaire ma belle.




~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Hum ... voilà, premier chapitre posté, après un premier commmzzzz réceptionné ... et une première menace réceptionnée elle aussi x'D
Spèce de Limace Naze ! =P
Merci d'être là, toi ... oui toi ... TOI ... [<-- clique --']
<3

J'aimerais avoir qq avis ...


Sachez que la suite est écrite, mais qu'elle ne sera pas postée tout de suite.
J'aimerais prendre un peu d'avance pour ne pas vous laisser en plan pendant trop longtemps à cause de mes partiels ...

Et puis, j'aimerais savoir si ça vaut le coup ...
[et là, mon oreille siffle, siffle siffle, et je perçois le doux son de la voix de qqn qui me susurre à l'oreille ... "Grosse limace pantouflarde à caleçon bleu, t'es naze !" x'D]


Manifestez-vous SVP
T______T



Et là aussi --> #
02. Chapitre Premier

# Posté le lundi 12 novembre 2007 15:43

Modifié le lundi 22 septembre 2008 09:18

03. Chapitre II

Maylis - Joyeux anniversaire ma belle.


Un sourire franc lui répondit, laissant voir de jolies dents blanches.


Katya - Merci May'


Elle se retourna, et sans lâcher des yeux le regard de son amie réfléchi dans le miroir, lui déposa un baiser frais et furtif sur la joue gauche. Maylis ferma doucement les yeux, savourant la présence de son amie à ses côtés.

Depuis quand n'avaient-elles pas passé une journée entière ensemble, seules, sans programme à suivre, sans intervention extérieure, simplement à profiter de leur jeunesse, de leurs vies, de tout ce qui leur tendait les bras ? Depuis quand ne s'étaient-elles pas senties si proches que ce qui les entourait n'avait plus d'importance ? Depuis quand n'avaient-elles pas passé des heures à se raconter leur vie, à rire, à pleurer dans les bras l'une de l'autre ?
C'est à tout cela qu'elles pensèrent alors qu'elles se serraient mutuellement dans leurs bras l'une et l'autre, dans cette petite salle de bain aux murs blancs, l'une dans sa blouse blanche d'interne, l'autre en légère chemise bleue. Car avec leurs deux ans de différence, elles étaient plus proches que des soeurs, et ne s'étaient plus quittées depuis leur rencontre.


Enfin, elles se reculèrent, quelques larmes perlant au coin des yeux de Maylis. Katya le remarqua, elle-même ayant une foule d'émotions tourbillonnant dans son être, et s'inquiéta dans un murmure des larmes de son amie.


Katya - May ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Maylis - Rien ... ne t'inquiète pas. Je suis heureuse d'être avec toi ... Viens, il faut que tu prennes ta douche, et puis que tu t'habilles.


Katya commença par retirer ses bras des manches de la chemise, et Maylis poursuivit sa phrase sur un ton qu'elle voulait dégagé, mais dans lequel on sentait un brin d'excitation.


Maylis - Et puis ... quand ce sera fait, tu iras choisir tes vêtements. Prends les assez chauds, aujourd'hui tu sors.


Alors qu'elle était en train de passer sa chemise par-dessus sa tête , Katya la rabaissa et releva brusquement la tête, fixant Maylis d'un regard à la fois pénétrant, interrogateur, surpris ... et heureux.


Katya - Quoi ? Comment ça je sors ? Pour aller où ? Aucun examen n'était prévu pour aujourd'hui !
Maylis - Je ne te parle pas d'un examen bécasse ! Mais de la journée que je te réserve pour ton anniversaire ...
Katya - Ma journée d'anniversaire ? Tu as ... ? May' !!
Maylis - Tu ne pensais pas que j'allais te laisser dans ta chambre pour ton anniversaire, non ?! Allez dépêche toi de passer sous l'eau, ou nous allons être en retard.


Les quinze minutes suivantes furent ponctuées de nombreux rires, de cris, de jets d'eau fusant dans tous les sens, et finalement, lorsqu'elles ressortirent de la salle d'eau, quiconque présent dans la chambre aurait pu se demander laquelle des deux jeunes filles sortant avec un sourire éblouissant avait vraiment pris sa douche ...


Maylis, après avoir laissé Katya seule dans sa chambre choisissant ses vêtements, se précipita dans la salle de garde pour se changer. Elle se dirigea dans un coin de la salle, ôta sa blouse, puis son jean, son long pull gris et son débardeur blanc, et prit dans son sac un T-shirt simple chocolat par-dessus lequel elle passa une petite robe verte en velours, qu'elle associa à de chauds collants rayés verts et bleus, puis elle enfila ses bottes marron. Elle attrapa sa veste, son béret, et courut rejoindre son amie.
Au détour du couloir, elle ne put éviter la collision avec un jeune homme qui paraissait plongé dans les notes qu'il tenait à la main.


Maylis - Oups!Désolée!Raah,pardonEnzo....désolée,jenefaisaispasattention.Désolée,désolée.


Elle débita ces paroles à une vitesse impressionnante, ses joues ayant pris une jolie couleur rosée, due aussi bien à sa course effrénée depuis la sortie de la chambre 257 qu'au jeune homme qui se tenait accroupi face à elle, un petit sourire au coin des lèvres, ramassant ses notes.


Enzo - Hem ... tu me répètes ça moins vite Maylis ?


La teinte rosée vira au pivoine ...


Maylis - Euh ... eh bien ... je ne sais plus exactement ce que j'ai dit, mais ça peut se résumer en un mot ... euh ... désolée ...


Un éclat de rire suivit les paroles de la jeune femme, illuminant le visage d'Enzo qui s'était depuis relevé, tandis que Maylis lui tendait le restant de ses notes.


Enzo - T'inquiète pas pour moi. Mais dis-moi, où courrais-tu ainsi ? Ne me dis pas que tu es encore en retard !


Un sourire ironique ponctua sa phrase, tandis que le pivoine glissait vers le rouge soutenu.


Maylis - Moi en retard ?! Tu dois te tromper de personne ... ! Et je cours vers Katya qui m'attend.


A l'énoncé de ce prénom, une ombre sembla passer sur le visage d'Enzo, qui se reprit cependant très vite, si bien que Maylis ne fut pas sûre d'avoir réellement vu de la tristesse dans les yeux de son ... collègue ?


Enzo - Ah ? Mais tu n'étais pas censée être en vacances aujourd'hui ? Il est étonnant que tu sois ici alors que tu pourrais faire la grasse matinée, en bonne marmotte que tu es d'après ce qui se dit ...
Maylis - Haannn ! Qui a osé dire ça ?! Et puis moi, Môssieur le major-de-ma-promo, je ne rechigne pas contre le fait de travailler un jour de plus.


Elle termina sa phrase en laissant voir le bout d'une petite langue rosée, puis fit mine de passer à côté d'Enzo, la tête haute, passant de l'air de petite-gamine-capricieuse-moqueuse à celui de grande-aristocrate-pète-sec ...
Mais celui-ci lui attrapa le bras, et la fit pivoter avec beaucoup de douceur.


Enzo - Mais moi non plus, sinon je ne serais pas là aujourd'hui. Et puis, vu les collègues que j'ai, je ne voudrais surtout pas manquer une journée de travail .... oh et au fait, tu as bien fait de te changer ... le blanc mouillé, ça deviendrait presque transparent ...


Il ponctua sa phrase d'un sourire, comme lui seul savait les faire d'après Maylis ... Maylis qui rougit encore une fois, et bafouilla une réponse avec ce qui lui restait de courage face au regard d'Enzo qui ne la lâchait pas.


Maylis - Je ... euh ... Je ... je dois aller ... euh ... rejoindre ... Katya. Euh ... on se reverra une autre fois ?
Enzo - Etant donné qu'on bosse dans le même service, il y a des chances, Maylis ....


Il profitait de la moindre occasion qu'elle lui offrait pour se moquer gentiment d'elle ... il faut avouer que le rouge aux joues lui allait plutôt bien.


Enzo - Passe une bonne journée ...
Maylis - Ouais, merci !
Enzo - ... avec Katya.

Mais il avait à peine dit ces mots que Maylis repartait à fond de train pour ne pas être plus en retard qu'elle ne l'était déjà. Aussi ne remarqua-t-elle pas l'hésitation d'Enzo lorqu'il avait prononcé le prénom de la jeune fille, ni n'entendit-elle ce qu'Enzo ajouta ...


Enzo - Prends bien soin d'elle ...



~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Uh ...
Deuxième chapitre posté ... ?
...

Et vos avis ?
Postés eux aussi ?
n_n'

...................................................



Et là ?? Je veux des avis partouuuut xD --> #

03. Chapitre II

# Posté le lundi 19 novembre 2007 11:14

Modifié le lundi 22 septembre 2008 09:27

04. Chapitre III

Enzo - Prends bien soin d'elle ...


Lorsque Maylis déboula en trombe dans la chambre de son amie, elle la trouva assise sur le rebord intérieur de la fenêtre, rêveuse. Elle réagit à peine à l'entrée de son amie, tourna simplement la tête puis focalisa à nouveau son regard sur les champs enneigés qui s'étendaient devant elle. Plusieurs corbeaux volaient en cercle dans le ciel qui était désormais d'un beau bleu clair, les rayons de soleil se réfléchissant sur la neige pour former un tapis étincelant.


Maylis - Kat' ? Il est temps d'y aller ...
Katya - Hmm ? Oui, j'arrive.


Elle se leva doucement, sans pour autant quitter des yeux le spectacle qui s'offrait à elle. Puis enfin, lorsque les corbeaux se furent tous posés, elle se retourna, et adressa un sourire à l'interne.


Katya - J'aurais besoin de toi pour attraper mon bonnet, sur la dernière étagère. Le rouge.


Maylis attrapa alors une des chaises, grimpa dessus, puis farfouilla parmi tous les vêtements qui se trouvaient sur l'étagère de son amie, et dénicha enfin le bonnet, ainsi qu'une grosse écharpe de couleur crème.


Maylis - Tiens, prends ça aussi. Il ne fait vraiment pas chaud dehors, et je ne tiens pas à ce que tu tombes m ... à ce que tu chopes froid à cause de moi.


Maylis s'était reprise, et c'est avec un air gêné qu'elle redescendit de sa chaise et la remit à sa place après avoir lancé à Katya son bonnet et son écharpe. Katya les avait reçus avec grâce entre ses doigts fins, et regardait son amie s'occuper ... et fuir son regard. Elle décida de dissiper le malaise, comme à chaque fois.


Katya - May' ...


Elle se rapprocha de la jeune femme qui continuait à s'agiter, secouant les draps, alors qu'une femme de ménage passerait dans la demi-heure suivante, déplaçant la carafe d'eau d'un demi-centimètre sur la table de chevet, défroissant sa robe etc. Katya ne se laissa pas démonter par l'absence de réponse, et tendit la main, puis enserra l'épaule de Maylis de ses doigts maigres.


Katya - May' ... arrête. Regarde-moi.


L'intéressée stoppa son geste en cours, puis releva doucement la tête. Ses yeux étaient humides, et les larmes qu'elle contenait à grand peine menaçaient de couler le long de ses joues rouges. Elle était gênée, et n'osait pas fixer Katya dans les yeux, mais celle-ci prit son visage entre ses mains, et la força à croiser son regard. Une fois le contact établi, elle savait que Maylis ne détournerait plus les yeux. En effet, celle-ci se perdit comme toujours dans les yeux noisette de celle qui était devenue sa meilleure amie en si peu de temps, ces yeux qui avaient gardé leur éclat si particulier, qui continuaient à dégager tant d'émotions.


Katya - May' ... cesse d'être gênée face à ma maladie ! Tu es bientôt médecin, tu ne devrais pas avoir un tel mal à parler de mon cancer. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu n'arrives pas à en parler ?

Maylis - ... parce que toi je te connaissais avant que ta ... avant que ton ... cancer ... ne se déclenche. Tu sais très bien que si les médecins ont accepté que je reste dans ce service, à tes côtés, c'est exceptionnel. Un médecin ne doit pas créer de liens trop forts avec ses patients. Il doit être là, prêt à les écouter, à les supporter dans leur douleur et dans leur souffrance, il doit les aider, mais il ne doit pas s'attacher ... Dans notre cas, c'est exactement le contraire. Tu es une des personnes les plus importantes pour moi. Et te voir ainsi me fait mal.


Elle avait débité tout cela d'une traite. Ca n'était pas la première fois qu'elles en arrivaient à cette discussion, pas la première fois que Katya lui posait cette question, et probablement pas la dernière, et Maylis répondait toujours plus ou moins la même chose. Mais Katya sentait qu'il y avait autre chose ... aussi bien qu'elle sentait que ça n'était pas encore aujourd'hui que Maylis lui révèlerait la véritable raison de son malaise face à sa maladie. Katya poussa un soupir, puis rompit le contact avec son amie, attrapa son sac, ses gants, son bonnet et son écharpe, et se dirigea vers la porte. Maylis baissa la tête, une larme roula le long de sa joue qu'elle essuya d'un geste las. Elle récupéra sa veste qu'elle avait laissée sur la chaise, puis rejoignit son amie qui attendait la main posée sur la poignée. Mais à peine avait-elle fait mine de l'actionner que la porte s'ouvrit d'elle-même. Katya eut juste le temps de se reculer, et Enzo se profila dans l'embrasure de la porte. Il ouvrit de grands yeux surpris en découvrant Katya et Maylis juste derrière la porte, et un air gêné se dessina sur son visage, tandis qu'il tentait de cacher quelque chose derrière lui.


Enzo - Euh ... désolé, je pensais que vous étiez déjà parties. Je ... euh ... je repasserai ...


Il fit mine de s'éloigner, mais Maylis passa devant Katya qui n'avait pas bougé d'un poil depuis l'ouverture de la porte, et retint Enzo par sa blouse.


Maylis - Attends !
Enzo - Euh ... Désolé, j'y vais. Passez une bonne journée.
Maylis - Mais attends Enzo ! Expli...
Katya - Enzo !?!?


Maylis ne termina pas sa phrase, interrompue par Katya.


Katya - Enzo ... ENZO ?
Maylis - Euh ... oui ...
Enzo - Euh ... salut Katya ...
Katya - ... tu ... as changé.
Enzo - Euh ... oui sûrement ... en 3 ans ...
Katya - ... 3 ans ...


D'un seul coup, une vague de tristesse voila le regard de Katya, ses épaules s'affaissèrent, les traits de son visage se tendirent. Trop d'images l'assaillaient. Des images qu'elle ne voulait pas revoir aujourd'hui, pas là, pas alors qu'elle devait fêter son anniversaire avec sa meilleure amie. Elle sentit quelqu'un la prendre dans ses bras, la serrant fort, puis une main se poser doucement et fébrilement sur son épaule. Elle reconnut l'odeur si caractéristique de Maylis.


Maylis - Arrête, n'y pense pas Kat'. Tu y arriveras, nous y arriverons. Tu seras bientôt guérie. Ne baisse pas les bras. Je t'en prie ...


Katya entendait Maylis lui murmurer des paroles réconfortantes, des paroles d'encouragements. Enzo, lui, se taisait.

Enfin, doucement, Katya se dégagea de l'étreinte de Maylis, la remercia d'un faible sourire, puis se recula de quelques pas. De longues traînées noires serpentaient sur ses joues, ultime trace de son effort pour se maquiller, alors qu'elle ne le faisait plus depuis si longtemps.


Katya - Je vais rattraper le désastre ... je reviens dans 5 minutes.
Maylis - Vas-y ma belle. Ne t'inquiète pas, ce ne sont pas 5 minutes de plus ou de moins qui changeront grand chose à ce que j'ai prévu pour aujourd'hui.


Une esquisse de sourire lui répondit, puis Katya disparut derrière la porte qui affichait le numéro 257.


Enzo - Je suis désolé. Je n'aurais pas du lui rappeler le temps qui s'est écoulé depuis ...
Maylis - Chttt.


Maylis leva les yeux, croisa le regard d'Enzo, puis se mit à parler avec douceur et fermeté à la fois.


Maylis - Tu ne pouvais pas savoir. Tu ne l'as pas revue depuis plus de 3 ans. Comme tous les autres. Vous parlez d'elle, entre vous, à ceux que vous côtoyez, en prétendant la connaître, mais vous ne savez pas qui elle est. Vous ne savez pas réellement ce qu'elle vit. Je ne t'en veux pas, et je sais qu'elle non plus ne vous en veut pas. Elle sait que ça doit être aussi dur pour les autres que pour elle, mais d'une manière différente. Voilà pourquoi elle n'a pas cherché à retenir les gens auprès d'elle. Elle a estimé que c'était aux autres de choisir, entre rester auprès d'elle, la voir souffrir, mais continuer à l'aimer comme elle est, à rire, parler simplement avec elle, ou bien ne pas souffrir de voir son état se dégrader. Tu as fait ton choix. J'ai fait le mien. Tu as continué à venir la voir quelques temps. A ce moment là, elle parlait librement de sa maladie, et encourageait les autres à en faire autant. Elle était assez connue dans toutes les promos de notre fac. Mais petit à petit, le temps a défilé. Tu as cessé de venir la voir. Et elle a commencé à réaliser qu'elle n'était pas au bout de ses peines. Au départ, elle pensait simplement perdre une année, mais au vu des diagnostics et des résultats successifs, elle a compris que ça allait être bien compromis. Maintenant, peu de gens viennent encore la voir. Peu de gens la connaissent vraiment. Moi-même je ne prétends pas tout savoir d'elle. Mais il y a certaines choses que j'ai comprises. Dont le fait qu'il ne faut pas lui parler du temps qui passe. Ou alors, il faut y mettre la manière.
Mais tu ne pouvais pas le savoir.


Contrairement à d'habitude, Maylis n'avait pas lâché une seule fois le regard d'Enzo en lui révélant tout cela. Les rôles s'inversaient. Elle qui d'habitude rougissait dès qu'elle croisait son regard, lui qui s'amusait à la déstabiliser. A cet instant précis, Enzo n'arrivait pas à soutenir le regard de la jeune femme, tandis que Maylis ne ressentait aucune gêne, aucun palpitement dans son coeur, aucune rougeur sur son visage. Elle parlait à Enzo comme elle aurait parlé à n'importe quelle autre personne qui aurait fait la même gaffe que lui quelques minutes avant. Et il réussit à grand peine à ne pas détourner le regard.
Honteux.
Oui, il était honteux. Il avait eu ses raisons lorsqu'il avait décidé de ne plus aller voir Katya sur son lit d'hôpital, ou bien même chez elle ou chez ses parents, de ne plus la voir souffrir et endurer en silence. Il souffrait trop lui-même de ne pas pouvoir l'aider, et était déterminé à poursuivre ses études. Il s'était réfugié dans son travail en se disant qu'il l'aiderait mieux, qu'il la soignerait en devenant un des meilleurs médecins. Mais maintenant, il le regrettait. Certes, son travail payait, il avait toujours eu de très bon résultats, et désormais, ceux-ci frôlaient l'excellence, aussi bien en théorie qu'en pratique, mais il regrettait de ne pas avoir compris que l'aide dont avait vraiment besoin Katya, c'était la présence des gens qu'elle aimait et appréciait.

Alors Enzo, honteux, et plein de regrets, lança un dernier regard à Maylis, regard qui dériva vers la porte derrière laquelle se trouvait Katya, puis il tourna les talons.
Il avait besoin de réfléchir.
Besoin de savoir s'il donnerait le paquet cadeau qu'il cachait derrière son dos depuis le début.




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Tout d'abord, merci pour vos commmzzzz et vos visites.
J'espère que ça vous plait, sinon je vous demanderai de m'indiquer ce que vous voulez que je change.

Ensuite, mention spéciale à ma tite graine de pil pil <3, qui m'a laissé trois commzzz bien fendants xD


Enfin, je pense essayer de vous poster un chapitre toutes les semaines, ce que j'ai fait à peu près jusqu'à maintenant, mais je ne suis pas sûre de tenir le rythme.
En tout cas, j'indique sur l'article de présentation les dates auxquelles sont postés mes articles, si vous avez la flemme d'aller sur la dernière page à chaque fois =P
[jsuis gentille qd même, nein ?]



J'attends toujours vos avis et vos questions auxquels je répondrai avec grand plaisir n_n


Et là aussi --> #
#
04. Chapitre III

# Posté le mardi 27 novembre 2007 07:39

Modifié le lundi 22 septembre 2008 09:29

05. Chapitre IV en synchro ac elle

Besoin de savoir s'il donnerait le paquet cadeau qu'il cachait derrière son dos depuis le début.


Maylis restait immobile, réalisant maintenant la façon dont elle avait parlé au jeune homme. Jamais. Jamais elle n'aurait pensé pouvoir un jour lui jeter à la figure une vérité si douloureuse. Elle ne s'était jusqu'à présent jamais permis la moindre remarque sur ceux qui avaient « abandonné » Katya. Elle était bien placée pour savoir que de voir souffrir une amie était une épreuve très dure, mais elle estimait que si elle, avait eu la force, le courage, mais surtout suffisamment d'amour envers Katya pour rester, les autres auraient pu en faire autant.
Après tout, elle ne la connaissait pas depuis si longtemps lorsque sa maladie lui avait été annoncée ...
Une porte s'ouvrant derrière elle la força à sortir de ses cogitations. Katya revenait, ses yeux à nouveau soulignés de noir, sans trace de larmes. Maylis lui sourit sincèrement, mais Katya la regarda d'un air soupçonneux.


Katya - Il est passé où ?
Maylis - ... Il est parti, il devait aller travailler.


Maylis s'étonna. Elle qui n'avait jamais su mentir, avait cette fois-ci conservé un ton tout à fait normal, n'avait pas rougi, et aucun geste n'aurait pu trahir son mensonge.
Mais c'était sans compter sur son amie, qui connaissait Maylis comme peu de personnes. Et surtout son regard.


Katya - Depuis quand est-ce que tu mens avec autant de facilité ?


Le sourire qui ponctua sa phrase montrait à Maylis qu'elle ne gagnerait pas contre elle.


Maylis - Tu sais farpaitement que je ne sais pas mentir, Kat' ... !
Katya - C'est ce que je pensais en effet, mais apparemment les choses ont changé ... Je veux bien te croire lorsque tu me dis qu'Enzo est parti travailler, mais qu'il l'ait fait sans me dire au revoir, alors que je ne l'ai plus vu depuis 3 ans et 5 jours exactement, je n'y crois pas. Ou alors il avait une bonne raison. Et tes yeux me prouvent que j'ai raison. Qu'est-ce qu'il a dit qui puisse te durcir ainsi ?
Maylis - ...
Katya - May' ...


Maylis gardait les yeux baissés. Elle ne voulait pas en parler. Pas aujourd'hui. Pas le jour où elle souhaitait rappeler d'autres souvenirs à Katya. Pas les souvenirs de son histoire avec Enzo, non. Une autre histoire. Qu'elle avait découverte par hasard. Et dont elle voulait connaître les détails. Lorsqu'elle sortit de ses pensées, elle se retrouva plongée dans les yeux de Katya, qui s'était accroupie devant elle pour plonger son regard dans le sien. Et celle-ci paraissait stupéfaite, alors qu'un murmure franchissait ses lèvres.


Katya - Je n'avais jamais vu tant de questions et de rancoeur dans tes yeux ...


Maylis redressa la tête, tendit la main à son amie pour la forcer à se remettre debout, puis revint complètement à elle et offrit un sourire à Katya.


Maylis - Viens, nous devons y aller, nous aurions dû être dehors il y a 15 minutes déjà.
Katya - Tu ne me diras rien, n'est-ce pas ?
Maylis - ... Pas aujourd'hui. Je veux que tu profites de ta journée. Nous en reparlerons.
Katya - Bon ... comme tu veux.


Katya n'abandonnait pas souvent. Elle n'était pas du genre à baisser les bras à la première difficulté, et elle laissait rarement une question sans réponse. Lorsqu'elle voulait savoir quelque chose, elle insistait jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite.
Le fait qu'elle abandonne si tôt le défi montrait ... quoi ? Qu'elle gardait des traces de son effondrement brusque face à Enzo ? Ou bien qu'elle se doutait que le dialogue que Maylis avait probablement eu avec Enzo la concernait ? Ou encore que ce qui taraudait la rousse était vraiment important, difficile ... et que peut-être, ceci aussi la concernait ?

Finalement, Maylis prit le bras de Katya sous le sien, et la mena vers la sortie de l'hôpital.

Le vent frais qui les cueillit rappela à Katya combien les promenades au grand air lui étaient vitales. Elle respira à plein poumons, un sourire illuminant instantanément son visage. Elle se tourna vers Maylis qui l'observait, et lui offrit son plus beau sourire, un sourire qu'on n'avait pas vu depuis longtemps.


Katya - Je suis prête. On commence par quoi ?


Ses yeux pétillaient, son envie de rire de tout à cet instant était perceptible, sa joie, sa curiosité, sa soif de la vie. Tout ceci formait autour d'elle une auréole, et Maylis était comme subjuguée par le changement qui s'était opéré en si peu de temps chez son amie. Elle en aurait presque regretté ce qu'elle lui réservait pour la journée ...


Maylis - Tout d'abord, je te propose une ballade à la citadelle. Ca te dit ?
Katya - La citadelle ? Hmm ... pourquoi pas. Elle me manque. Je la voyais tous les jours avant, pour aller à la fac. Maintenant, je ne vois plus que le champ sous ma fenêtre. Bon, allons-y.


Elle commença à marcher en direction de l'arrêt de bus qui se profilait au loin, mais lorsqu'elle se retourna, elle vit Maylis toujours plantée au même endroit, la regardant s'éloigner en rigolant doucement.


Katya - Eh ben ? Tu te bouges ? Je veux la voir la citadelle moi !
Maylis - Et tu comptes y aller à pieds ?! Vas-y, moi, je prends le taxi que j'ai appelé tout à l'heure.
Katya - Le taxi ? On n'y va pas en bus ?
Maylis - Non. En taxi.
Katya - Ah.


Elle revint alors toute penaude devant son amie, les mains dans les poches, tandis que Maylis se retenait à grand peine de rire devant l'attitude de son amie. Et puis finalement, elle n'y tint plus, et un rire cristallin retentit dans cette froide matinée d'hiver.
Katya la regarda en souriant, puis mêla son rire à celui de la jeune interne, et c'est en reprenant difficilement leur souffle qu'elles montèrent dans le taxi. Maylis ne donna aucune indication au chauffeur, celui-ci démarra sans attendre, et s'engagea derrière le bus qui attendait devant lui.

Katya regarda Maylis en souriant, tandis que celle-ci regardait innocemment le paysage, ignorant délibérément et avec un éclat moqueur dans les yeux celle qui l'observait avec insistance, semblant attendre quelque chose.


Katya - On fait quoi après la citadelle ?
Maylis - Tu verras.
Katya - Pourquoi on a pris un taxi ?
Maylis - Pour être tranquilles, et pour pouvoir parler sans que nos voix résonnent dans tout le bus.
Katya - Alors pourquoi tu fais semblant de regarder par la fenêtre et ne réponds pas à ma première question ?
Maylis - Parce que tu es une sale gamine !
Katya - Maman ! Pipiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!


Maylis se détacha enfin de la vitre, et se trouva face à la langue tirée de Katya, dont les yeux pétillaient toujours. Et durant tout le voyage en taxi, qui prit environ 25 minutes, Katya harcela Maylis de questions plus grotesques les unes que les autres, utilisant une voix de petite fille, tandis que Maylis riait en faisant mine de jouer à la mère fâchée devant les caprices de sa fille.
Et le chauffeur dû s'y reprendre à trois fois pour qu'elles l'entendent enfin leur annoncer qu'elles étaient arrivées à bon port. Et les deux jeunes filles, en descendant, prirent bien soin d'ignorer la mimique stupéfaite et moqueuse de leur chauffeur ...




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=)
Merci pour tous vos commzzzz et pour vos visites.

Je suis déjà à presque 100 commzzz alors que mon blog est créé depuis 3 semaines. J'avais attendu beaucoup plus longtemps pour ma première fic.
Alors vraiment merci, surtout à qq miss qui se lâchent n_n

Suite à la demande de Savéria, j'ai grossi le blabla que je mettais à la fin des chaps .... j'ai été heureuz' de savoir qu'il y avait des gens pour lire mes commentaires de fin de chap =D

J'attends toujours de savoir ce qui vous plaît, ce qui vous plaît moins, ce qui vous déplaît carrément. Aidez-moi à améliorer cette histoire.
Plus j'aurai d'avis, plus elle s'améliorera.

Et si vous avez des sugestions ou des questions, ça tient aussi !

Alors à bientôt j'espère.

Florine [pr celles qui se posent encore la question ...]



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05. Chapitre IV en synchro ac elle

# Posté le mardi 27 novembre 2007 08:18

Modifié le mercredi 30 janvier 2008 16:31